Une enquête en quête d’unité

Camel Bechikh, Tugdual Derville, Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Laurence Tcheng

« Je me souviens de ce beau mouvement et me revient à l’esprit cette belle photo du 13 janvier. »

C’est le cœur lourd que chaque jour j’entends, je lis la volonté partagée par de nombreux manifestants d’une « unité » retrouvée.  Le cœur lourd, car dans la bouche ou sous la plume d’un certain nombre d’entre eux, ce souhait sonne comme un reproche.
D’autres n’ont pas caché les reproches derrière ce terme dont l’origine reste pour moi floue, « unité ». En effet j’ai pu lire que j’ai trahi, que j’ai marché pour l’ennemi, que j’ai perverti le mouvement, que je méprise les volontaires, ou encore que je crache sur le peuple.

Évidemment rien de tout cela est vrai. Laissez-moi enquêter.
Je me souviens de ce beau mouvement et me revient à l’esprit cette belle photo du 13 janvier, place Denfert-Rochereau, où dans une joie visible nous avancions main dans la main. Nous ? Qui cela nous ? Eh bien nous La Manif Pour Tous dans sa diversité : Frigide Bajot nous entraînant dans son sillon Laurence Tcheng, moi, Lionel Lumbroso, Camel Bechikh, Antoine Renard et Tugdual Derville.

Tandis qu’à la mise en scène de cette manifestation monstre et historique nous avions, muni des dernières recommandations de Frigide, le très talentueux Albéric Dumont. À la tête de cette grosse machine opérationnelle, celle qui a su donner le sens de l’organisation à ce mouvement et que Frigide aime appeler sa jumelle, Ludovine de la Rochère.

Déjà à l’époque, les uns et les autres, nous étions en désaccord sur le Contrat d’Union Civile. Mais ce désaccord ne semblait poser aucun problème, nous parlions, de ce sujet, en nos noms propres et après tout c’était aussi cela la diversité LMPT.

Armés de nos différences, nous avons tous ensemble et portés par l’incroyable enthousiasme des millions de Français qui avaient placé en nous leur espoir, mené un combat difficile mais un combat d’un genre nouveau.

Nulle trace d’intérêts personnels, nulle quête d’avantages catégoriels mais une lutte pour la vérité anthropologique, pour les enfants et surtout pour la France.

Ce beau mouvement qui me tient tant à cœur n’a existé qu’au travers de son adéquation avec l’humanité ; comme je le dis souvent, « L’humanité n’est humanité qu’en ce qu’elle a de différences. » Il n’y avait plus ni partis, ni religions, ni courants philosophiques, ni orientations sexuelles. Il y avait une grande et belle famille diversifiée et unie. Unie pour notre pays et ses enfants mais unie dans le respect, l’accueil et l’écoute de tous.

Puis un jour est arrivé ce qui malheureusement devait arriver dans un pays où le parti qui a la majorité sur le bicaméralisme ne laisse pas la liberté de vote à ses élus, le projet Taubira devient loi de la République française.

À partir de ce moment la colère s’est fait sentir et avec elle le repli sur une opposition stricte et aveugle. L’Union Civile est devenue un point de tension jusqu’à ne plus pouvoir l’évoquer, même à titre personnel, même comme unique conséquence de la constitutionnalisation du mariage Homme/Femme – seule réforme définitive de la loi à faire porter à la faveur d’un changement de majorité – sans risquer les huées, les menaces voir les agressions. La liberté était compromise et ainsi disparaissait la fraternité  et l’unité de notre mouvement.

Et si nous avions été victimes de la violence de ce projet de loi faute de lui être fatal ?
Et si nous avions subi le carcan idéologique plutôt que de le combattre ?

Et si finalement le mouvement était tombé dans le piège tendu par François Hollande ? Celui de la crispation, celui de la défiance, celui de la désunion.

Et si finalement c’étaient les manipulations de ce pouvoir idéologique qui avaient détruit l’unité du mouvement qui se battait contre le projet de loi qui aura détruit durablement l’unité nationale ? Exactement comme en tentant d’expulser Frigide et sa famille de leur appartement, ils veulent détruire la famille de celle qui est l’égérie du mouvement de défense de la famille.

Face aux immondices de ce pouvoir, j’ai bon espoir que nous puissions retrouver cette Unité, détruite par la défiance dans  l’échec,  mais ce sera à force de vérité, de charité, de fraternité, de volonté mais surtout de liberté.

Tous ensemble unissons-nous, retrouvons toute notre diversité, retrouvons le chemin de la victoire sur l’ennemi de l’Homme et faisons à nouveau tourner la France à contre-courant de l’idéologie soixante-huitarde.

Je vous aime.

3 comments

  1. Encore vraiment bien, ce dernier billet, Xavier, très inspiré, très éloquent et quasiment juste de bout en bout à mes yeux, bravo ! C’est très honnête, notamment, de rappeler que nous savions qu’il y avait désaccord en interne sur le CUC depuis le début.

    Après ça, oui, bien sûr que le vote de la loi a tendu les choses et qu’une part du mouvement à partir de ce moment-là, a laissé transparaître des inclinations un peu trop à droite, voire séditieuses et réfractaires à toute avancée pour faciliter la vie des homosexuels. Mais comment penser qu’il y a à gagner à faire sécession sur ce prétexte, sur le prétexte du CUC, qui n’est aucunement à l’ordre du jour ? Moi, je ne fais pas mystère de mes opinions, sur Twitter et ailleurs, qui sont parfois même plus à gauche que toi et Frigide, mais ça ne m’empêche pas de vouloir contribuer à pérenniser la force du mouvement, tout en ne mettant jamais un mouchoir sur mes opinions vis-à-vis d’autres camarades.

    Encore, si Frigide avait proposé une alternative *politique* crédible, là mon attitude aurait pu en être influencée. Je compatis sincèrement avec le choc qu’a pu constituer pour elle d’être dépossédée des “clefs du camion”, mais d’une part elle n’y est pas pour rien — à des moments, il faut savoir composer, sauf à aller dans le mur — et d’autre part, rester coincée ensuite dans le ressentiment n’est vraiment pas l’option la plus constructive. Je ne l’ai pas vue parler “d’unité” aussi bien que toi ici, mais son dernier papier dans “Causeur” une fois de plus très insultant pour le mouvement qu’elle a lancé avec toi, puis Laurence, Albéric, Serge, etc. ne montre pas du tout un esprit propice à ce que nous nous retrouvions et j’en suis évidemment fort chagriné.

    Mais si le bon esprit dont tu fais preuve ici gonfle encore un peu, alors, peut-être en effet que “tous ensemble”, nous pouvons nous unir à nouveau.

    Amitiés,
    Lionel

  2. Remy says:

    UNITE???? L’unité ne se trouve pas dans la différence entre les membres d’une société mais bien dans l’égalité de tous et toutes!!

  3. Moranne says:

    Bonjour,

    Le terme d'”Union civile” est mal venu :
    – s’il s’agit d’une union entre personnes de même sexe, elle sera frappée d’inconstitutionnalité, car discriminante ;
    – s’il s’agit d’une amélioration du PACS, autant garder le terme PACS.

    Mais de toutes façons, nous ne sommes pas actuellement dans une phase de négociation où il faudrait proposer une alternative à la loi Taubira ; aujourd’hui, nous ne pouvons avoir qu’un seul but : c’est l’abrogation pure et simple de cette loi (et des théories de type “gender” qui la sous-tendent). Et c’est ce combat, et lui seul, qui est la condition de l’unité.

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